Introduction

A partir du milieu du XXème siècle, les mouvements sectaires ont pris une importance de plus en plus considérable dans les sociétés. Passant de groupes marginaux à des mouvements d’influence, ils sont désormais observés avec intérêt et prudence, tant leur puissance et leurs dangers fascinent et inquiètent. Organisées et structurées, les sectes sont en constante recherche de nouveaux adeptes, dans le but unique de s’enrichir et d’augmenter en puissance. Face aux séquelles laissées derrières elles sur l’individu et la société,  l’Etat peut parfois décider d’agir pour protéger la population de ces mouvements dangereux.

En quoi la puissance des dérives sectaires a-t-elle un impact sur les sociétés et comment ces dernières tentent-elles d'y remédier ?


 
Pour une meilleure compréhension du sujet nous allons donner en préambule une définition de la secte en la différenciant de celle de la religion. Nous illustrerons cette définition par quelques présentations de sectes connues.
Pour traiter le sujet demandé, nous analyserons dans un premier temps le processus de conditionnement des individus qui correspond à l'entrée des adeptes dans les sectes puis nous étudierons les impacts négatifs des sectes sur l'individu et la Société. Après avoir sensibilisé le lecteur aux dangers des dérives sectaires, nous présenterons les solutions et les remèdes mis en œuvre dans le monde et particulièrement en France pour les combattre.

Preambule

I. Différence entre sectes et religions.

Afin d'éviter les confusions, il est important de définir ce qu'est une religion et ce qu'est une secte.

1. Le terme "secte" du latin « sequi » signifiant suivre, est à manier avec délicatesse car il est souvent jugé comme « péjoratif » .  
-historiquement une secte est « un ensemble de personnes qui ont la même doctrine » selon le Petit Larousse (1971). 
-désormais, ce terme a pris une connotation péjorative qui désigne essentiellement les sectes dangereuses. Cette évolution négative du sens donné au mot "secte" est similaire à celle du mot "drogue" qui désignait autrefois les ingrédients de teinture, de chimie ou de pharmacie et qui a évolué vers la notion de stupéfiants comme la cocaïne.
Selon Nathalie Lucas , chargée de recherche à l'École des hautes études en sciences sociales, «il est bien clair que la définition de secte est extrêmement discriminante. Cette définition est donc inutilisable tant que le dysfonctionnement du groupe n'a pas été prouvé, c'est-à-dire tant qu'un drame n'est pas survenu. Elle ne peut pas être utilisée de façon préventive, mais seulement pour comprendre les dérives d'un groupe après qu'il aura mal tourné».

2. Le terme "Religion" du latin « religare » signifiant réunir , est défini comme un «  Ensemble déterminé de croyances et de dogmes définissant le rapport de l'homme avec le sacré. » par le Dictionnaire Larousse .
Or, tout regroupement de personne ayant la même doctrine aimerait avoir l’honorable label de « religion » qui est octroyé par le pouvoir politique.
Ceux qui n’ont pas eu droit à cette appellation contrôlée sont étiquetés « hérésie » ou « secte », selon les époques.
Un groupe réuni autour de convictions communes peut fonctionner « normalement », cependant la frontière avec le danger est mince.

3. Le terme "dérive sectaire" est approprié lorsque qu'un individu la subissant devient totalement conditionné par des idées véhiculées par une personne ou un groupe et allant radicalement à l'encontre de ce qui est habituellement partagé par le consensus social. Ces idées altèrent alors profondément l'individu dans tous les domaines de son existence.

II. Quelques exemples de sectes multinationales.

1. L'Eglise de l'Unification, la secte Moon.

L'Eglise de l'Unification est un mouvement religieux fondé par le révérend Sun Myung Moon.
Le fondateur prétend qu'à l'âge de 16 ans , il aurait reçu une mission de Jésus lui demandant de créer le royaume des cieux sur terre . Il aime à présent se faire appeler le nouveau Messie, ou le Vrai Parent, seul pouvant comprendre les secrets de la Bible.
Durant la guerre froide, il conteste le régime communiste et vit à New York où se trouve le siège de la secte.

Membres :
180 000 membres à travers le monde principalement au Japon, en Corée et aux États Unis ; interdit à Singapour.
La secte est caractérisée par sa grande activité.
La vente d'objets dits sacrés au Japon en sept ans aurait remporté plus de trois millions d'euros.

En Amérique du Sud :
La secte a acheté 600 000 hectares de savane au Paraguay. L'acquisition comprend villages et habitants. Depuis, les autorités luttent pour récupérer les terres et sont en passe de réussir.
Cet espace aride en surface mais regorgeant d'eau en profondeur, constitue une parcelle de leur « terre promise ». Le projet initial des moonistes était de s’implanter au Brésil pour créer un centre mondial de pèlerinage mais il fût gelé grâce à la pression des associations de défense de l’environnement.

Victimes :
Aujourd’hui plus de 250 avocats plaident pour aider les nombreuses victimes de cette sectes.

L'Eglise de l'Unification est-elle considérée comme une secte ?
- Par ses détracteurs : qualifiée de groupe sectaire clos refermé sur lui-même et s'opposant aux croyances dominantes.
- Par les moonistes : ils se définissent comme un ensemble de personnes professant une même doctrine.
Ils indiquent qu'elle a été créée non pas en opposition mais dans la continuité de toutes les religions jusqu'alors établies.
- Par la France : légalement enregistrée comme association loi de 1901.

2. L’Église de la Scientologie.

Fondée en 1953 aux États-Unis par l'auteur de science-fiction Ron Hubbard (1911-1986), la « Church of Scientology » est une organisation internationale ayant son siège aux États-Unis.
La Scientologie prêche une méthode appelée dianétique. Elle s'affiche comme voulant aider les gens à accéder à une existence plus heureuse et plus épanouie.
La dianétique est une méthode d'éveil spirituel /développement personnel s'appuyant sur de nouveaux concepts psychologiques non enseignés en psychologie visant à l'identification et à la réduction systématique d'images mentales négatives inconscientes.
La Scientologie prétend créer de solides relations interpersonnelles, aider à élever les enfants de manière à ce qu'ils soient brillants et garantir des mariages heureux et durables. De plus, elle pourrait s'attaquer aux problèmes sociaux les plus graves de notre époque : l'analphabétisme, la drogue, la criminalité et l'immortalité. En effet, les scientologues interviennent dans les pays victimes de graves catastrophes humanitaires, ils agissent tels que « Le Messie ».

Membres :
Le nombre total de scientologues dans le monde est extrêmement difficile à estimer. Les estimations vont de 100 000 à 10 000 000 adeptes. L’église s'est élargie d'avantage ces cinq dernières années que de 1960 à 2005.  On estime qu'en 2011, trois nouveaux groupes de Scientologie, missions ou églises se sont ouverts chaque jour.
Implantation mondiale :
La Scientologie se développe également dans le reste de l’Europe, avec notamment une implantation en Belgique en 1973.
Le siège mondial se trouve à Los Angeles , à Clearwater en Floride se trouve le siège de la SEA-Organization, structure regroupant son élite  et à Copenhague le siège européen. 






La Scientologie est-elle considérée comme une secte ?

Son statut diffère selon les pays, ainsi la France la reconnaît comme une secte ainsi que l'Allemagne et la Belgique. Alors qu'ailleurs, elle possède soit un statut religieux soit d'association.


Les différences entre la secte Moon et la Scientologie :

La Scientologie se distingue de l’Eglise de l'Unification par la moins grande prégnance de son combat idéologique. Bien qu'elles soient toutes deux apparues à la même époque, la seconde s'intègre beaucoup mieux au troisième esprit du capitalisme. Ce qui vaut à la Scientologie une partie de son succès est certainement sa technique d'« audition » faite par les « auditeurs », véritables coachs de cette entreprise particulière.
Les auditeurs sont là pour sortir les meilleures capacités intellectuelles et psychologiques des adeptes afin de ne pas connaître l'échec.
Le statut de l’Église de Scientologie ressemble beaucoup à celui de l’Eglise de l’Unification. Il s’agit d’une multinationale baignant dans la culture entrepreneuriale américaine. Toutefois, son message est différent, la Scientologie relève d’une idéologie capitaliste libérale hostile au communisme. Mais, l’anticommunisme virulent de Moon y est remplacé par des valeurs beaucoup plus individualistes orientées sur la réussite personnelle.


3. Les Témoins de Jéhovah.

Le mouvement sectaire en marge du christianisme est né aux États Unis en 1870 sous le nom de " Étudiants de la Bible".
Il a été créé par Charles Taze Russell un prédicateur.

Ce mouvement se considère comme chrétien. Il croit en effet à un Dieu unique adoré appelé « Jéhovah ». Les Témoins soutiennent l'idée que Charles Taze Russell a initié le mouvement des Etudiants de la Bible. Russell annonçait le retour du Christ sur terre de façon invisible en 1874. Il interpréta d'ailleurs la fin de la première guerre mondiale comme le début de l'accomplissement de ses prédictions. En 1975 , le monde entier devait être détruit. C'est dans cette philosophie que les témoins trouvaient l'énergie à « prévenir » les non-témoins pour qu'ils ne meurent pas .
Leur proverbe : "étroite est la porte, peu nombreux sont ceux qui découvrent le chemin".

Ce mouvement est réputé pour ses normes très strictes :

 
Sont interdits sous peine d'excommunication :

Au niveau de la médecine :
  • le tabac et la drogue,
  • la vaccination : interdite jusqu'en 1992,
  • les transfusions  sanguines : cette interdiction entraine la mort de 450 à 1150 Témoins de Jéhovah chaque année.
Au niveau de la vie privée :
  • l'homosexualité,
  • la pratique sexuelle en dehors du mariage,
  • l'avortement,
  • les jeux d'argent,
  • le mensonge / vol,
  • la pédophilie,
  • le spiritisme,
  • l'abus d'alcool,
La fréquentation sociale de non-Témoins est fortement déconseillée et très limitée ainsi que la célébration d’évènements traditionnels comme Noël, les anniversaires, l'épiphanie...
Ils doivent pratiquer le porte à porte douze heures par mois.

Les Témoins de Jéhovah sont-ils considérés comme une secte ?
Non, depuis 1993 les Témoins de Jéhovah ne sont pas considérés comme une secte en France.
« En l’état actuel de la jurisprudence du Conseil d’Etat, les Témoins de Jéhovah ont le droit de bénéficier du statut d’association culturelle en France, comme ils bénéficient d’ailleurs de ce statut dans l’Europe entière depuis des années » déclara  Didier Leschi, chef du Bureau central des cultes au Ministère de l’Intérieur.
Or, grâce à la loi de 1905 de séparation des Églises et de l'Etat, ils bénéficient d'un grand nombre d'avantages fiscaux en tant que religion officielle entraînant ainsi de nombreuses critiques à leur égard.

I Processus de conditionnement des individus par les sectes



I. Les caractéristiques de l'individu « sectarisable ».

  1. La conjoncture économique et sociale.
Comme nous venons de le voir, il est difficile de décrire précisément ce qu'est une secte et donc par conséquent d'identifier le nombre précis des mouvements sectaires en France. Nous constatons assurément que ce phénomène ne cesse de se développer ces dernières années. Nous dénombrons environ 170 mouvements qualifiés de « sectaires » en France incluant environ 600 000 adeptes d'après le CCMM (Centre Contre les Manipulations Mentale)  dont 130 000 pour les Témoins de Jéhovah.
Il faut cependant noter que 80 % des mouvements sectaires sont de taille moyenne (moins de 500 adeptes), et que 60 d'entre eux possèdent moins de 50 adeptes.
Les mouvements sectaires s'adaptent pour répondre à de nouveaux besoins de la société en pleine évolution.
La société, de tout temps et particulièrement actuellemment, doit faire face à une crise de confiance vis à vis des partis politiques et de leurs dirigeants. Une crainte des fidèles face aux religions, censées donner du sens à la souffrance et proposer des réponses optimistes est observée. De façon générale, les religions et les politiques sont trop éloignées des  préoccupations quotidiennes des citoyens et n'intègrent pas assez dans leur réflexion l'évolution des mœurs et de la société.

Le thème de la santé est également mis en avant par les groupes sectaires, car chaque individu est confronté un jour ou l'autre à la maladie (directement ou à travers l'un de ses proches). Les groupes sectaires mettent en avant les limites et les échecs de la médecine, dont les traitements peuvent être lourds à supporter en leur proposant des alternatives. Les remèdes proposés par les sectes sont très variés: méditations, prières, régimes, impositions des mains, vitamines, répétitions de formules... Souvent les sectes encouragent les adeptes à abandonner les soins prescrits par les médecins. Parfois les conséquences s'avèrent irrémédiables. Certains groupes interdisent les transfusions (ex: Témoins de Jéhovah) ou les vaccinations (ex: Horus). Le refus de certaines pratiques médicales peut mettre en péril les adeptes et notamment les enfants plus fragiles.
Nous constatons aussi un bouleversement important de la cellule familiale. Le nombre de familles mono-parentales ou recomposées augmente. Les repères sont bouleversés et chacun doit cependant trouver sa place. Pour certains, l'absence de repères stables est la cause d'une souffrance. Ils pensent trouver au sein des mouvements sectaires une solidarité et une nouvelle structure dont les valeurs sont comparables à celle de la famille. Ils retrouvent de plus un cadre paternel au travers du gourou.

Actuellement l'avenir est incertain: aggravation des conditions économiques, dégradation de la vie urbaine (chômage, violence, émeutes des quartiers sensibles), accélération des tensions internationales avec des poussées de nationalisme, de fanatisme.
L'ensemble de ces changements pousse chaque personne à s'adapter pour vivre au mieux cette situation. Une solution pour certains est de trouver un groupe accueillant et solide comme savent le faire les sectes. On conçoit donc aisément que la vision idyllique proposée par les sectes séduise un maximum de personnes en situation de fragilité.


Les sectes utilisent pour attirer et retenir les adeptes des sujets porteurs qui ont pour but principal de cacher leurs objectifs réels. Nous pouvons observer plusieurs subterfuges que nous nommerons « masque »  :

- masque du développement personnel, remède aux difficultés de la vie professionnelle avec des promesses de promotion,
- masque de la guérison, palliatif à la médecine traditionnelle,
- masque de la convivialité, comme réponse à l'isolement,
- masque religieux qui permet aux groupes sectaires d'être apparentés à des religions traditionnelles et de profiter d'avantages fiscaux ,
- masque des grandes causes: humanitaires, développement durable,
- masque culturel, éducatif et sportif à travers la création d'écoles ou d'universités.



  1. Le profil des victimes des sectes.
Chacun de nous peut devenir la victime d'une secte. Il n'y a pas de profil prédéterminé. En effet, il peut s'agir de tout à chacun. Le profil psychologique des adeptes est normal. Cependant nous pouvons noter qu'un élément favorable à l'attirance pour une secte est l'existence d'un mal-être passager ou d'une période dépressive.

Des études statistiques ont mis cependant en évidence les faits suivants :
  • les adeptes proviennent majoritairement des classes moyennes et aisées, cible préférée des sectes pour leur solvablilité,
  • leur niveau scolaire est le plus souvent primaire ou secondaire,
  • bien que l'âge des adeptes ne soit pas un critère , deux groupes d'âge ressortent :
    • Les 18 - 25 ans, principalement des étudiants qui sont très sensibles à l'augmentation de leurs performances en vue d'obtenir leur examen,
    • Les 50 - 60 ans qui sont la cible privilégiée des sectes de prière ou de guérison,
  • l'entrée dans une secte peut résulter de conflits familiaux ou sociaux. L'adepte entre dans une secte pour éviter la dure réalité qui est souvent à l'origine de ses angoisses . Il attend que la secte le protège de toutes les agressions extérieures. Cette démarche répond parfois à des situations critiques (divorce, perte d'emploi, deuil),
  • l'adhésion à un groupe sectaire peut répondre à la demande des adolescents de bénéficier d'une autonomie. Le jeune passe d'une socialisation primaire inculquée par la structure familiale à une communauté rassurante, qui répond bien à ses attentes. Il fait partie d'un groupe chaleureux et aimant. La présence d'un père (le gourou), de frères et sœurs (les adeptes) lui donne confiance, le structure, lui donne des repères et un sens à la vie,
  • les personnes émotives, sensibles sont des proies fréquemment désignées. De même que ceux qui ont des antécédents de toxicomanie ou d'éthylisme. Le groupe sectaire devient un abri contre l'agression pour ces individus psychologiquement fragiles,
  • l'adepte y entre aussi pour se faciliter la vie et donc prendre le moins de responsabilités possibles. Les choix étant faits à sa place par la communauté et le gourou, il ne peut donc plus se tromper. Ne plus décider rend la vie plus simple.
  • Certains y adhèrent pour la recherche du pouvoir et du savoir. Les sectes laissent miroiter à l'adepte qu'il est différent du commun des mortels, qu'il appartient à une élite et qu'il peut accéder à des connaissances cachées aux non initiés.
On rencontre cependant des adeptes totalement atypiques qui servent d'arguments publicitaires à la secte. Ceux-ci sont totalement isolés de la réalité sectaire et sont convaincus de la bonne foi de leurs maîtres. C'est ainsi que la Scientologie, qui a bien compris la tactique de la « starisation » au niveau marketing, a tout mis en œuvre pour enrôler des personnalités connues dans les domaines de la politique, du sport, du cinéma... Les artistes reçoivent un traitement de faveur dans des centres conçus pour eux, appelés « Celebrity Centers ». Tom Cruise, acteur et producteur américain, est un des plus fervents croyants de la Scientologie. Son statut de star mondiale lui permet d'influencer les disciples. Certaines personnes pensent qu'il serait même devenu le numéro 2 de l'Eglise.


Cette photo où Tom Cruise fait un discours met en évidence un symbole de la secte, la croix de Scientologie à huit branches dont chacune représente l'une des huit parties de la vie.



John Travolta est également l'un des plus grands défenseurs de la Scientologie, même si certaines rumeurs affirment qu'il s'en serait éloigné suite à la mort de son fils autiste, Jett. Il a intégré de nombreuses personnes dans la Scientologie dont Priscilla et Lisa Marie Presley, la femme et la fille unique du King Elvis.


II. Les phases d'insertion dans une secte.
      
1. Séduction.

Pour prospérer, les groupes sectaires développent une stratégie de séduction basée sur des promesses.
Le recruteur-séducteur doit attirer l'attention de son interlocuteur et doit le charmer. Il va jouer sur le registre des émotions. Dans la secte Moon, cette phase est appelée « accrochage ». Il s'agit d'une démarche active d'individu à individu. Le plus souvent, le terrain a été préparé par une démarche publicitaire : prospectus, conférences ...
Cette phase peut avoir lieu lors de démarchages ou d'activités anodines en apparence comme les écoles de dessin, cours de rattrapage, conférences culturelles...
Pour exemple, les Témoins de Jéhovah font semblant de démarcher en famille pour rassurer leurs interlocuteurs. A l'inverse, les scientologues se présentent habillés en jeune cadre dynamique pour démarcher dans les universités, les clubs de gymnastique ou les lieux branchés.
A noter que les adeptes qui sont la vitrine de la secte ont en général des aspects vestimentaires similaires, signes d'appartenance et de reconnaisance.
Tout est organisé au détail près. Le choix du lieu du recrutement est étudié minitieusement. Choisis parmi des artères marchandes, des places, des sorties de métro ou de spectacle, ces lieux doivent être proches des locaux de la secte pour pouvoir y amener facilement l'individu.
A noter également que les sectes se sont emparées d'internet pour diffuser leur propagande et recruter des adeptes. On les retrouve surtout dans les moteurs de recherche liés aux domaines du bien-être, du développement personnel et de l'accomplissement de soi. Elles utilisent soit leur site officiel soit créent des sites à vocations universitaires , intellectuelles ou de recherche pour attirer les futurs adeptes.

Le recruteur doit ensuite magnifier la secte. Pour cela il décrit la société comme agressive et indifférente aux préoccupations du recrutable. La société est présentée comme mauvaise et la secte comme la seule alternative possible.
Les sectes développent donc des thèmes accrocheurs (d'où le nom d' « accrochage ») comme :
- la nouveauté : les vieux systèmes comme les églises ou les partis traditionnels ont fait la preuve de leur échec, le groupe sectaire offre une solution radicale,
- la différence : vous appartiendrez à une élite, à un groupe d'élus sélectionnés, et vous ne serez plus comme les autres un anonyme fondu dans la masse,
- l'écologie : venez nous aider à préserver notre terre,
- la progression continue : dans un groupe vos progrès n'auront pas de limites ce qui n'est pas le cas dans la société où l'échec scolaire et les difficultés d'emplois vous empêchent d'avancer,
- la flatterie : rejoignez le groupe et vous parviendrez rapidement à des résultats surprenants et vous vous retrouverez à la place que vous méritez...
- la rapidité : très vite vous serez capable de subjuguer, soigner, guérir.

2. L'embrigadement.

Une fois séduit, le nouvel adepte doit être retenu durablement: Pour cela il est engagé dans un processus d'initiation. C'est à ce stade que se développe le fameux « bombardement d'amour ». L'adepte est submergé de termes affectifs « tu es le plus beau, le plus intelligent » qui le rassurent. Il doit être persuadé qu'il va pouvoir compter sur l'appui du groupe qui se présente dès lors comme une famille de substitution. Pour continuer à bénéficier des faveurs de la secte, l'adepte doit faire ses preuves. Il doit notamment aider financièrement, répéter les rituels et travailler de longues heures. Il lui faut apprendre le vocabulaire de la secte. L'utilisation de termes précis réservés au groupe et destinés à provoquer un effet de mystère est obligatoire. Le but recherché est de donner envie d'apprendre et de faire disparaitre l'esprit critique de l'adepte. Ces conditions de vie vont l'empêcher de prendre le recul nécessaire qui lui permettrait de réfléchir sur sa situation. C'est ainsi qu'il va être soumis à des habitudes alimentaires qui vont l'affaiblir (régime, jeune..), à des restrictions de sommeil, à de longues journées de travail et de prières. Ces conditions vont le fatiguer et intensifier le processus de non réflexion. De plus soumis à une critique permanente il va craindre d'être rejeté. Les sectes n'hésitent pas à utiliser contre lui la connaissance qu'ils ont de sa vie privée.



Et vient l'explication, s'il ne progresse pas assez vite, la secte le persuade que c'est la faute de sa famille et de ses amis. Pour progresser, il doit soit rompre avec eux ou soit les convaincre de rejoindre la secte. L'adepte est déboussolé et coupé de ses repères. Il devient fragile, perd son esprit critique et adhère à l'enseignement dispensé.
Quand l'adepte a traversé toutes ces étapes, reste une dernière épreuve à franchir pour montrer sa fidélité et son dévouement. Celle-ci consiste à recruter de futurs adeptes. Pour cela on lui enseigne à son tour la technique de séduction. Il se convainc lui-même en persuadant les autres. De recruté, l'adepte devient recruteur, de soumis, il devient responsable.





3. La conversion.

Pour convertir l'adepte, les sectes se basent sur son adhésion. Les nouveaux adeptes acceptent cette démarche car c'est la condition de leur progression. Ils ont l'impression de plus d'être libre de leur choix puisque c'est eux-mêmes qui demandent à en connaître plus.
L'adepte doit calquer son comportement sur celui des autres et accepte une soumission totale. Il appartient maintenant au groupe et voit les choses uniquement sous l'angle de la secte. Cette adhésion totale est son seul recours car il n'a plus d'autres perspectives.

A ce stade, l'adepte à l'impression d'être un membre d'une minorité d'élite. Son but est de faire progresser la secte. Dès lors, tout doute est ressenti comme une trahison envers le groupe. La vie extérieure qui rejette sa nouvelle idéologie devient hostile.
Le gourou ou l'un des cadres de la secte joue alors un rôle majeur. Il devient le seul repère. Possédant un important charisme, c'est à dire un mélange d'assurance de soi et de force de conviction qui poussent les adeptes à le suivre, il est celui qui conduit sur la voie de la révélation divine. Pour cela il prétend avoir accompli un chemin initiatique qui lui donne la connaissance suprême.




Les images ci-contre sont utilisées à des fins manipulatoires. Le gourou est associé au culte de la personnalité qui correspond à l'adulation excessive d'un chef d'Etat dans un régime totalitaire. L'affiche de droite (Témoins de Jehovah) peut être comparée avec celle de Staline , le « petit père du peuple » .La proximité avec le peuple est de mise . Les gens paraissent heureux et épanouis : argument phare pour la propagande .












On peut citer à titre d'exemple le gourou Raël, de son vrai nom Claude Vorilhon, qui après une carrière de chanteur et de journaliste sportif automobile , a fondé le Mouvement Raëlien.
Il affirme avoir vécu deux expériences de rencontre avec des extra-terrestres qui lui auraient révelé sa véritable identité de prophète et lui auraient livré le secret de l'humanité : les Hommes auraient été créés en laboratoire par le peuple des Elohims.
Raël serait investi d'une mission qui est de diffuser la parole des Elohims sur terre et récolter des fonds pour la construction d'une ambassade destinée à les acceuillir d'ici 2035.


Les Raêliens croient au développement de la science qui est une condition de l'amélioration du sort de l'humanité et à la vie éternelle au moyen du clonage humain. En décembre 2002, le mouvement sera au centre de l'actualité mondiale avec l'annonce d'Eve, le premier bébé cloné, bien qu'aucune preuve n'ait jamais pu être apportée.










                                                             video
                                                  Notre interview d'Annie Guibert sur le conditionnement des individus par les sectes.



Lors des 3 phases d'insertions présentées précédemment, les sectes cherchent comme on a pu le constater à remplacer les normes, valeurs acquises par l'individu lors de sa socialisation primaire voir secondaire par de nouvelles qui contribuent à l'isoler totalement de la société.







II Impacts négatifs des sectes sur l'individu et la société

I. L'individu.

A la suite des manipulations mentales effectuées par la secte sur l'individu, ce dernier voit sa vie se compliquer. Il peut même se retrouver à commettre des actes, sur lui-même ou sur les autres, qu'il n'aurait probablement jamais fait auparavant. L'individu change tellement qu'il lui est très difficile de retrouver sa vie d'avant. Les traumatismes subis sont d’ordre divers. L'ex-adepte doit vaincre ces traumatismes résultants de son embrigadement avant d'envisager de retrouver une vie normale.

1. Intégrité physique.

L'intégrité physique est bafouée dès l'entrée dans la secte. En effet, comme il a été évoqué précédemment, les nouveaux adeptes sont éloignés de leurs proches par la secte. Ainsi, chaque adepte appartient en intégralité, que ce soit physique ou morale, à la secte, faisant de cette dernière son unique influence dans les choix à venir.
Cependant, cela peut aller beaucoup plus loin. En 1978, l'opinion publique mondiale est marquée par le suicide au Guyana de 914 adeptes du Temple du Peuple. On retiendra également la
très probable immolation par le feu de 88 membres de la secte de David Koresh au Texas en 1993, ou encore  le suicide collectif du Temple Solaire en 1994. Les inquiétudes sur les suicides collectifs sont redoublées par l'annonce de fin du monde le 21 décembre 2012, qui fait craindre de grandes réactions des sectes dites "apocalyptiques".
De gauche à droite : suicide collectif au Guyana ; Immolation par le feu de la secte de David Koresh ; Suicide collectif du Temple Solaire.


Sans que la méthode employée soit le suicide, les sectes peuvent conduire l'adepte à la mort par d'autres moyens. Par exemple, il est proposé aux personnes souffrant de maladies graves (cancers, sida, sclérose en plaques, etc.) des "traitements" alternatifs. La prise de ces remèdes qui n'en sont pas (jus de citron, eau parfumée...) s'accompagne généralement d'un refus des traitements traditionnels. On peut également rappeler le refus de la transfusion sanguine par les Témoins de Jéhovah.

Les conséquences de la possession physique ne sont pas toujours aussi excessives, car un individu vivant représente toujours plus de profit et de pouvoir qu'un individu décédé. Par exemple, certaines sectes (notamment la Scientologie), organisent des jeûnes. En apparence, cela ne présente rien de dangereux, mais, à la différence des jeûnes religieux,  ils peuvent durer plusieurs jours ou semaines, et ainsi causer d'importants troubles de santé. Parfois, ils sont tout de même utilisés comme moyen pour faire mourir des adeptes.
Les abus sexuels sont également une dérive physique majeure des sectes. Le gourou prétendant être une sorte de messie, effectue des "rapports sexuels par abus de faiblesse", généralement considérés comme des viols. Récemment, en 2011, un gourou français  a été arrêté pour viol, dans sa secte qu'il avait baptisé "L'université de la nature, l'écologie, et de la relation", où il prétendait avoir des solutions à l'épanouissement sexuel.

2. Santé mentale.

Les traumatismes sur l'individu qui quitte sa secte peuvent s'avérer être très profonds.
La plupart revendique une sensation de s'être fait manipuler, ce qui entraîne un sentiment confus, entre honte, tristesse et haine, qui donne lieu à des pathologies, différentes selon les personnes. Certaines deviennent dépressives, d'autres présentent des troubles de l'anxiété, des attaques de panique, et certains même voient apparaitre des phobies inexistantes autrefois, dans leur vie quotidienne. Plusieurs stades d'évolution des états psychotiques ont été établis, allant du stade 1 "Personnes subissant des problèmes (familiaux, universitaires)" au stade 6, qui présente des pathologies élevées, comme des adultes se mettant à sucer leur pouce, en passant par le stade 4, où les personnes ont des délires (vision d'extraterrestres, etc.). De plus, la très forte croyance à une secte (qui, souvent, a soi-disant démontré ce qu'elle affirme par la science), affecte la capacité de l'ex-adepte à accorder de la confiance aux autres, ainsi qu'à toute donnée qui lui sera présentée. Après tout, celui-ci peut se dire, "si quelque chose qui semblait aussi vrai ne l'est pas, alors y a t-il quelque part de la vérité et de la sincérité ?" Enfin, l'ex-adepte a souvent perdu tout contact avec la société, ainsi que le sens des responsabilités. Ainsi, des actions de la vie quotidienne qui autrefois étaient effectuées sans problèmes, peuvent devenir  un vrai défi et demander une immense rééducation.
Ces difficultés de réadaptation à la vie hors d'une secte peut se constater dans des témoignages poignants, comme celui-ci, prononcé par une ex-adepte, devant la commission d'enquête parlementaire :
"Il m’a fallu deux ans pour me défaire de la secte. J’ai dû réapprendre quelles étaient les vraies valeurs et les vraies normes. J’ignorais que celles qu’on m’avait inculquées n’étaient pas les vraies. J’ai dû, par exemple, réapprendre à parler avec une autre personne, à table, en prenant un café. Tous les contacts que j’avais étaient destinés à m’associer à la secte. Je ne pouvais plus mener de conversation normale. J’ai également dû réapprendre à oser me promener dans une rue commerçante, regarder un pantalon et même l’essayer. J’ai dû réapprendre à me maquiller, à organiser mes loisirs. J’ai dû repenser à la musique qui me plaisait autant d’années auparavant. C’était pareil pour mes passe-temps. J’ai dû réapprendre à faire de la danse. Cela a été très difficile et j’en supporte encore partiellement les conséquences. J’ai conscience d’avoir bien agi en venant témoigner ici. Mais je pense que, tantôt, je me sentirai à nouveau coupable. Eux préfèreraient me voir jetée dans le canal, une pierre autour du cou, que de me voir vivante.»

Cette déclaration montre bien jusqu'où l'emprise d'une secte peut aller dans la destruction mentale de l'individu, ainsi que la monstruosité de ces mouvements.
Ainsi, dans les sectes, une dérive en entraîne facilement une autre, et c'est là leur principal danger : tomber dans un cercle vicieux dont il est de plus en plus difficile de sortir, tant le vrai du faux peut devenir difficile à distinguer.

Heureusement, les ex-adeptes ne sont pas seuls dans leur quête de retrouvailles avec leur vie d'avant : des associations (tel le CCMM) existent pour aider les victimes d'une secte à reprendre goût à la vie en société, et leur présence est souvent la bienvenue, tant une reconstruction en solitaire est un exercice difficile. Cependant, là aussi, l'ex-adepte aura du mal à accorder sa confiance.



Les sectes sont accusées, à juste titre, de manipulation mentale nuisant à la volonté propre de la personne. C'est ainsi qu'un grand nombre d'adeptes perd sa personnalité, que ce soit sur le plan des loisirs ou des relations avec les autres.

La plupart des sectes, dont la célèbre Scientologie, promet de conduire l'individu vers un épanouissement qu'il n'a jamais atteint. Ces fausses promesses de bonheur et la recherche de spiritualité de certains, sont les principales raisons qui conduisent une personne à être dépendante d'une secte. En effet, la secte commence par chercher des "vices" à leur prochaine victime, afin de mieux l'aider à soi-disant guérir. Même si l'individu n'a pas de problèmes particuliers, la secte doit parvenir à le convaincre qu'il n'a pas encore trouvé l'accès au bonheur. L'ampleur de la déception et le sentiment de trahison qu'un ex-adepte peut ressentir y sont pour beaucoup dans les difficultés à se remettre des méfaits d'une secte.
Ces faits sont bien présentés dans le documentaire d'investigation de JC Deniau, de 2010, "Scientologie: La vérité sur un mensonge" où un individu témoin raconte comment la scientologie cherche à le guérir, en lui montrant ses "problèmes" par des tests de personnalité particulièrement absurdes.


3. Impact financier. 


Les ressources principales des sectes sont les dons des adeptes. Ceux-ci donnent à la secte comme à une association, pour l'aider à se développer et à "aider" d'autres individus. Cependant, contrairement aux dons effectués pour un groupe religieux, comme l'Eglise, la secte destine la plupart de ceux-ci au profit personnel des dirigeants.
La deuxième source d'enrichissement est la vente de stages, de cours accompagnés de commercialisations diverses : ouvrages d'endoctrinement (souvent des œuvres du gourou, comme les livres de Ron Hubbard dans la Scientologie), produits pédagogiques, outils de perfectionnement comme l'électromètre des scientologues (détecteur de mensonges vendu à un prix exorbitant), vente de produits écologiques, substances chimiques, etc.
Ainsi, l'entrée dans une secte représente un véritable investissement financier, souvent très considérable. L'adepte dépense d'énormes sommes dans le seul but, la plupart du temps, d'obtenir le "salut de son âme". Les prix sont volontairement exceptionnellement élevés,  mais la pression exercée sur l'adepte qui s'apparente presque à du racket, le fait acheter les biens. Certaines sectes proposent en effet des week-end pour communiquer avec l'au-delà à plus de 5000 euros.
A partir d'un moment, souvent en quittant la secte, l'individu réalise qu'il a des problèmes d'argent. L'arnaque financière peut s'avérer être un problème aussi grave que les violences physiques ou mentales lorsque l'ex-adepte se retrouve dans une situation de pauvreté et de chômage... Cela crée une nouvelle difficulté pour l'ex-adepte lors de sa tentative de reconstruction.
La captation d'argent est souvent l'objectif principal du gourou, qui, en montant sa secte, espère y trouver un moyen de s'enrichir sur la croyance et la fidélité des individus qui suivront ses doctrines.



                                      
Ainsi, les sectes parviennent, sous de nombreux aspects et avec de nombreuses techniques, à abuser financièrement des individus. La reconstruction pour ceux-ci après de tels événements est souvent difficile.






4. Le cas particulier des enfants.

Les enfants ne sont en aucun cas protégés des faits précédemment cités. Au contraire, un enfant mêlé aux activités d'une secte n'est que plus touché par ses dérives, et l'on estime à 70 000 le nombre d'enfants appartenant actuellement à une secte.  La plupart du temps, les enfants entrent en rapport avec les sectes à cause de leurs parents, eux-mêmes membres. La première conséquence sur l'enfant étant un manque d'épanouissement et d'éducation. Parfois, le rapport entre l'enfant et la secte peut prendre une ampleur particulièrement dramatique, notamment lorsque des violences physiques et psychologiques sont exercées sur l'enfant, ou lorsque la secte tente de faire souffrir des parents par l'intermédiaire de leur enfant.
De plus, la mise en relation avec une secte entraîne souvent une déscolarisation, à un âge où celle-ci est prohibée par la loi.
Comme les autres membres de la secte, les enfants peuvent être privés de soins ou d'aliments. Les conséquences peuvent être encore plus dramatiques chez les plus jeunes, à un âge où l'alimentation doit être bien réglementée. On retiendra le décès en 2005 d'un enfant de 16 mois, dont les parents étaient adeptes de la kinésiologie, groupe qui propose des méthodes souvent inefficaces pour lutter contre les maladies. L'enfant avait souffert de malnutrition (il pesait 6 kilos à sa mort), alors que son état impliquait une nutrition très contrôlée.
Bien sur, les enfants peuvent être eux aussi victimes d'abus sexuels, des gourous ayant été condamnés pour pédophilie.
Enfin, on peut imaginer combien il est difficile pour un enfant né et éduqué au sein d'une secte de s'insérer dans une société auquel il n'a jamais eu accès auparavant.

II. La société.


Les sectes sont devenues un véritable phénomène de société, et ce à cause de l'échec des sociétés individualistes. En effet, la société est victime de ce qu'elle fait subir à l'individu (choix, responsabilités...), et celui-ci peut donc décider de rejoindre un groupe, où il aura le sentiment d'être compris, soutenu, reconnu. L'importance actuelle des phénomènes sectaires peut donc être interprétée comme une forme d'échec de notre société.
C'est lorsqu'un mouvement sectaire commet, ou risque de commettre des actions illégales, dangereuses, ou forcées sur un groupe d'individus que la société est directement concernée.

Les sectes ont conduit à de nombreux crimes, effectués pour la plupart avec l'aide des adeptes totalement aveuglés par la manipulation mentale, souvent pour atteindre des objectifs économiques ou dans le but d'augmenter leur pouvoir. L'unique avantage que l'on peut tirer des dérives sectaires extrêmes (suicides collectifs, séquestrations...) est qu'elles mettent en lumière les dangers d'organisations que l'on ne pouvait auparavant qualifier de sectes, et permettent ainsi une lutte plus efficace. L'importante médiatisation des phénomènes sectaires, notamment dans la seconde moitié du XXème siècle, a conduit à de nombreuses protestations. Des organisations aux objectifs pourtant  différents se sont réunies dans le but d'assurer une lutte contre les mouvements sectaires.

Les sectes peuvent avoir un rôle important dans la société des pays, tenant même parfois une influence dans la politique et l'économie de ceux-ci. Sur ce dernier point, les importantes sommes d'argent prélevées sur les adeptes manipulés ont permis un enrichissement de ces sectes, devenant de véritables entreprises. De plus, le nombre d'adeptes très considérable de certaines sectes (notamment la Scientologie), leur donne même un pouvoir
dans des domaines tels que la justice ou la politique. En effet, certains adeptes occupant des postes importants peuvent intervenir, de façon légale (en donnant une opinion publique qui est celle de la secte), ou de façon illégale dans le fonctionnement de l'Etat (des affaires de vol de dossiers compromettants ont déjà eu lieu alors qu'un procès de secte se préparait, et des éléments dans le dossier du premier procès de la Scientologie ont été rajoutés alors que ce dernier était encore en cours, faisant basculer le procès en leur faveur...).
Bien sûr, ces influences restent mineures, mais elles n'en sont pas moins un fléau qui a tendance à s'étendre, le nombre d'adeptes dans les sectes augmentant d'année en année depuis le milieu du XXème siècle.
De plus, les relations entre certaines personnalités appartenant à des sectes et des individus importants de la société peuvent paraître déplacées. Par exemple, des critiques avaient été formulées en aout 2004, lorsque Nicolas Sarkozy, alors ministre des finances, avait reçu Tom Cruise, acteur et figure importante de la Scientologie. Ce genre de rencontres permet aux sectes de se faire connaître et reconnaître.

Actuellement, les organismes de lutte contre les mouvements sectaires (MIVILUDES), et les associations, prêtent particulièrement attention aux sectes apocalyptiques. En effet, la 183ème annonce de fin du monde prévoit celle-ci pour décembre 2012. Cependant, cette annonce prend une ampleur particulièrement importante. Ce qui a changé, c'est l'aspect catastrophe très médiatisé (tsunamis, effondrements de montagnes), qui effraie particulièrement, ainsi que la présence d'Internet créant un "buzz" mettant au courant toute la population.
La société ainsi que les mouvements de lutte contre les dérives sectaires voient cette annonce de fin du monde comme un réel danger pour les membres de certains groupes, et même pour l'ensemble de la société. Il faut cependant nuancer : ces risques concernent essentiellement les groupes dont la doctrine apocalyptique représente le point central. En effet, le ou les gourou(s) de ces groupes créent une peur chez leurs adeptes, et la société craint une vague de suicides collectifs durant l'année 2012 pour "échapper à la fin du monde", comme cela s'est déjà produit auparavant (Temple du Peuple en 1978, Temple Solaire en 1994).

Bugarach : village du sud de la France qui serait sauvé de l'apocalypse en décembre 2012. De nombreuses sectes s'y sont déjà réfugiées.

Ainsi, les dérives sectaires représentent un véritable danger pour la société, qui est souvent victime des actes de ces sectes. Cependant, dans le but de ne pas se laisser corrompre, influencer, ou attaquer, la société choisit parfois de réagir à ces dérives, en optant pour diverses mesures.


                      video

Notre interview d'Annie Guibert (présidente du CCMM) sur l'impact négatif des sectes sur l'individu et la société.







III La Lutte contre les dérives sectaires à travers le monde


I. La france, leader de la lutte engagée par les états contre les sectes.

En France, le nombre de sectes dites « dangereuses » s'élève à 172. Principalement installées dans quatre régions :

-Ile de France
-Poitou Charente
-Provence Alpes Côte d'Azur
-Lorraine

La France a publié en 1996 un rapport d'une commission parlementaire sur les sectes , ayant un retentissement important en Europe et qui pose des questions sur la politique à tenir .
Ce renforcement de la politique sur la prévention nécessaire contre les dérives sectaires est lié aux drames de l'Ordre du Temple Solaire qui se sont successivement déroulés en 1994, 1995 et 1997. En 1998 est créée la mission interministérielle de lutte contre les sectes (MILS) qui deviendra en 2002 la MIVILUDES .

1. La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires.

C'est un organisme de l'Etat français ayant comme mission d'observer et d'analyser le phénomène des dérives sectaires. La MIVILUDES apporte quelques améliorations.
Elle permet d'analyser « le phénomène des mouvements à caractère sectaire dont les agissements sont attentatoires aux Droits de l'Homme et aux libertés fondamentales ou constituent une menace à l'ordre public ou sont contraires aux lois et règlements ».
Elle oriente son action non plus surtout vers la répression mais vers la défense des mineurs et vers un soutien plus important aux victimes des sectes. Elle doit favoriser, dans le respect des libertés publiques, la coordination de l'action préventive et répressive des pouvoirs publics.

Sont considérés comme menaçant pour les individus : 
  • la déstabilisation mentale,
  • le caractère exorbitant des exigences financières,
  • la rupture avec l'environnement d'origine,
  • l'existence d'atteintes à l'intégrité physique,
  • l'embrigadement des enfants, le discours antisocial, les troubles à l'ordre public,
  • l'importance des démêlés judiciaires,
  • l'éventuel détournement des circuits économiques traditionnels,
  • les tentatives d'infiltration des pouvoirs publics.
Elle ajoute à ces critères :
  • la menace d'atteinte à l'ordre public,
  • des conditions de vie déstabilisantes,
  • les atteintes à des personnes en état de faiblesse et d'ignorance,
  • la sujétion mentale conduisant à des actes ou à des abstentions préjudiciables,
  • le refus des autres et l'isolement dans un groupe,
  • la violation des principes fondateurs de la République,
  • le non-respect des conventions internationales ratifiées par la France.

2. Des associations et des aides aux familles.

A partir des années 70/80 , correspondant à « l'âge d'or » des sectes, leur prolifération accroit leur emprise sur la société de façon fulgurante.  En réponse, de nombreuses associations d'aides aux familles de victimes sont créées.

Ainsi l'UNADFI (Union Nationale des Associations pour la Défense des familles et de l'Individu) voit le jour.
Sa mission est l’aide aux victimes de pratiques abusives exercées par des organisations de type sectaire, qui entraînent l’altération de l’intégrité de la personne (physique, psychologique ou sociale) et portent atteinte aux Droits de l’Homme, à la dignité humaine et aux libertés individuelles.

Ses domaines d’action sont :
  • L’étude des principes et méthodes des organisations de type sectaire
  • L’accueil et l’aide aux familles et personnes victimes de ces organisations
  • L’information auprès d’un large public
  • Le regroupement des personnes touchées par ce problème
  • L’aide à la réinsertion de personnes sorties d’un groupe sectaire
De plus, les préventions se font sous forme de magazines dans lequels sont expliqués le fonctionnement des sectes , leurs dangers et les réactions à avoir face à ces dernières. Exemple : les magazines BULLES (Bulletin de Liaison et d’Etude des Sectes)

Le Centre Contre les Manipulations Mentales (CCMM) est une autre association majeure de la lutte française contre les dérives sectaires.
Cette association, fondée par l'écrivain Roger Ikor en 1981 (son
fils s'est suicidé, victime de dérives sectaires), s'adresse aux victimes d'emprises mentales, à leurs familles, et aux citoyens. Elle informe des phénomènes sectaires, les prévient, et aide ceux qui en sont victimes.
C'est cette association, dont le siège est à Paris, que nous avons rencontré et qui a parfaitement rempli son rôle de prévention.

Le but de l'ensemble de ces associations est de fournir les clés du dialogue mais aussi de permettre grâce à des réunions de partager différentes inquiétudes.
Bien entendu, les sectes cherchent à détruire les associations de défense dont la vigilance constitue pour elles une menace permanente... Si leurs destructions s'avèrent impossibles, elles tentent parfois de les infiltrer sous couvert d'un retraité bénévole ou d'une personne sans emploi proposant ses services et essayant de fil en aiguille d'avoir accès aux dossiers confidentiels.

3. Des lois.

La laicité est un des piliers de l'institution francaise par la séparation des Eglises et de l'Etat. Ce principe garantit la liberté de religion et de culte des personnes et des communautés tant que l'intégrité morale et physique des individus n'est pas menacée. C'est pourquoi, suite à plusieurs rapports, il a été décidé de remodeler certains articles du code pénal :

La loi ABOUT-PICARD (12 juin 2001) a pour but de renforcer la prévention et la répression des agissements contraires aux Droits de l'Homme et aux libertés fondamentales :
     - Par l'extension de la responsabilité pénale des personnes morales à certaines infractions.
     - En limitant la publicité des mouvements sectaires .
     - En réprimant les abus de l'état d'ignorance ou de faiblesse des individus.

Cependant, cette loi comporte des faiblesses. En effet, il est nécessaire que ce soit la personne qui est en état de faiblesse qui porte plainte, et non son entourage. Or, comme nous l'avons vu, l'adepte est coupé de toutes réalités sociales et n'a pas conscience des abus dont il est victime.

Malgré cela, les sectes ont largement recours au statut d'association déclarée de la loi de 1901 qui constitue un grand avantage avec un minimum d'obligations :

Pour rappel, une association déclarée n'a pas d'obligations :
- Ni vis à vis de ses membres
- Ni à propos de son activité ni de son budget

Une association peut donc avoir une activité et un budget comparables à ceux d'une société commerciale, sans que ses responsables aient jamais à soumettre les comptes aux membres de l'assemblée générale, ou à présenter un bilan économique et financier.

Condamnations :

Le 25 mai 2009 à Paris s'est ouvert un grand procès contre l'Eglise de la Scientologie. Pour la première fois en France cette dernière est attaquée en tant que personne morale pour escroquerie en bande organisée. Le tribunal l'a condamnée à une amende totale de 600 000 euros mais l'a autorisée à poursuivre ses activités.
Objet du procès : les sommes acquittées par certains adeptes pour des cures de purification qui les auraient ruinés et les intimidations qu'ils auraient subies. Lors de ce procès, on constate que la secte est encore une fois poursuivie pour escroquerie et non pour manipulation mentale ce qui prouve que la loi ABOUT-PICARD est difficile à appliquer.
Comme disait Catherine Picard "frapper la scientologie au porte monnaie est la seule méthode efficace".
La Cour d'Appel de Paris a confirmé la condamnation de l'Eglise de la Scientologie le jeudi 2 février dernier. Pour l'avocat de l'association de lutte contre les sectes, c'est une décision historique. La Scientologie est ainsi condamnée pour escroquerie en bande organisée en profitant de la vulnérabilité d'anciens adeptes pour leur soutirer de l'argent. La Cour en sanctionnant par des amendes d'un montant total de 600 000 euros et des peines de prison avec sursis pour cinq scientologues a prononcé la mesure la plus sévère contre une organisation en France qui risque de freiner son expanssion et ternir son image.



 II. Les opinions et réactions des politiques étrangères.       


La Belgique :
Tout comme la France, la Belgique a mis sur pied des organismes de prévention des risques et de lutte contre les phénomènes sectaires. Le Centre d'Information et d'Avis sur les Organisations Sectaires Nuisibles, CIAOSN, a été créé en 1998, à la suite d'une enquête parlementaire visant à élaborer une politique de lutte contre les dangers sectaires en particulier ceux concernant les mineurs.

Les Etats-Unis :
Même si les Etats-Unis ont été parmi les tous premiers pays à dénoncer la dangerosité de certains groupes religieux, ils ont par la suite été très critiques envers la France. C'est ainsi que lors de la publication de rapports américains sur la liberté religieuse,  ils ont dénonçé l'intolérance française vis à vis des minorités religieuses.

L'Europe de l'est :
L'Europe orientale manifeste également un vif interêt pour les méthodes françaises. La résurgence de groupes socialement controversés amène les Etats de l'est à légiférer.
La Russie change son approche des mouvements religieux. En 1990, il suffisait qu'une association d'au moins dix personnes se désigne comme organisation religieuse pour qu'elle soit officiellement enregistrée.
D'après l'agence française de presse "13 000 sectes et mouvements religieux auraient été indistinctement enregistrés en Russie après l'effondrement de l'URSS, les doctrines sectaires seraient préconisées ouvertement dans certains cours de sciences humaines par les professeurs russes formés à l'étranger par les sectes comme Moon par exemple". Ainsi, à partir de 1997, les lois deviennent plus restrictives et le rôle de l'Eglise orthodoxe russe comme religion traditionnelle est revalorisé.

La Grande-Bretagne :
Contrairement à la France, elle n'a jamais prétendu vouloir intégrer culturellement et religieusement tous les nouveaux arrivants. On retrouve tout à fait cette idée dans l'attitude du gouvernement anglais face aux sectes car il règne une liberté quasi-totale dans ce domaine.

L'Allemagne :
Elle se fait remarquer en 1997. L'Eglise de la Scientologie a été déclarée dangereuse pour les libertés fondamentales et les Droits de l'Homme. En 1998, une commission parlementaire a été chargée d'un rapport de paix sur les sectes et groupes psychologiques. Deux fois par an, différents groupes de travail se réunissent pour faire le point.

L'Autriche :
Une mission pour les questions sectaires a été créée en 1998 pour informer l'opinion publique. Les communautés religieuses seulement après une période de probation de dix ans, peuvent demander leur officialisation.

Le Canada et la Suisse :
Officiellement, le Canada place les groupes religieux en plusieurs catégories. Les dangereux ou les inoffensifs. Il n'y a donc pas véritablement de sectes pour ce pays. De même pour la Suisse qui se caractérise par une attitude plutôt permissive :
- au niveau fédéral : pas de répression, sauf en cas de tentative d'infiltration de l'Etat.
- au niveau cantonal : surveillance et limitation du prosélytisme et projet d'information et d'éducation.
En revanche, le Canada possède un site http://www.sceptiques.qe.ca/ proposant des discussions sur les "pseudo-sciences".

Grâce au congrès européen sur le sectarisme organisé par le FECRIS (la Fédération Européenne des Centres de Recherche et d'Information sur le Sectarisme) qui s'est tenu en 1999, dix sept pays se sont réunis pour s'accorder sur une démarche commune et donc plus efficace.

Condamnations :

Peu de résultats au niveau mondial viennent concrétiser les mesures prises. Cependant, il est à noter que les Témoins de Jéhovah ont été condamnés à plusieurs reprises à travers le monde pour des affaires de pédophilie.

                                         Notre interview d'Annie GUIBERT sur les luttes contre les sectes.

Conclusion

 La lecture de cet exposé met en exergue toute la complexité de la problématique sectaire.

D'une part, cette problématique est complexe car multi-dimensionnelle et les impacts sociologiques sont vastes :
  • Au niveau de la Société : les malheurs, les doutes, et les craintes laissés sans réponse par celle-ci, contribuent au maintien et à la croissance des sectes,
  • Au niveau des individus : les sectes s'attaquent aux individus les plus fragiles et obtiennent leurs consentements et leurs adhésions par des méthodes de déstructuration de l'individu savamment orchestrées,
  • Au niveau politique et juridique : les sectes ont des appuis de politiques et d'avocats qui leur ont à de maintes reprises éviter de perdre des procès ou qui leur ont permis de faire décaler ou annuler le vote de certaines lois allant à l'encontre de leurs intérêts,
  • Au niveau commercial et financier : les sectes fondent et gèrent souvent des entreprises aux activités au demeurant respectables mais qui cachent en fait un outil de recrutement, de propagande et d'extorsion d'argent. Leur puissance financière est importante.
  • Au niveau de la liberté : elles utilisent la liberté de pensée, de croyance et de commercialisation pour être identifiées comme des religions ou des entreprises classiques afin d'avoir pignon sur rue et pour au final dissimuler leurs réels objectifs.
D'autre part, la définition même d'une secte n'est pas précise et laisse donc une certaine part d'arbitraire dans l'identification et le recensement des mouvements sectaires. La frontière avec certaines religions est très ambiguë.

Les sectes représentent un fléau pour la plupart des adhérents qui subissent des privations alimentaires et de sommeil, des abus physiques, sexuels, psychologiques intolérables.
Pour preuve, ceux qui ont la chance de sortir de l'emprise d'une secte, mettent fréquemment des mois voire des années à retrouver un certain équilibre physique et psychique.

La société a pris conscience de la dangerosité des dérives sectaires. La question n'est donc pas de savoir s'il faut lutter contre les sectes mais plutôt comment lutter contre les sectes. Chaque pays met en œuvre des politiques de luttes diverses et variées. La solution réside peut-être dans la mise en œuvre d'une politique commune à tous les pays, regroupant un ensemble de dispositifs conçus pour lutter sur tous les fronts : juridique, communication, prévention, financier...

La difficulté pour parvenir à endiguer ce phénomène est énorme et nous ne sommes qu'aux prémices de cette lutte. Néanmoins quelques résultats récents laissent entrevoir une avancée importante dans ce combat.



Bibliographie

Livres, revues :
Revue du CCMM, "Regard sur .. ", 26 septembre 2010 n°26
Revue du CCMM, "Regard sur .. ", 28 septembre 2011 n°28
Revue du CCMM, "Regard sur .. ", 25 mars 2010 n°25
CCMM, "Combattre les dérives sectaires", édition Belle Page Paris", 38 pages
ADOSEN, " L'éducation au service de la santé", décembre 2009, n°166
Les grands dossiers des sciences humaines n°5, L'origine des religions, 2007
Sciences et avenir, septembre 2005
Fournier Anne,"La Dérive sectaire" , Puf, 1999
Abgrall Jean-Marie, "La mécanique des sectes", édition Payot et Rivages, 1996, 338 pages
Drogou Annick, "Le dico des sectes", édition Milan, Les dicos essentiels, 1998
Luca Nathalie, "Que sais-je ? Les sectes.",Puf , 2011

Sources Internet :
http://atheisme.free.fr/Themes/Sectes.htm
http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_votre_service/votre_securite/votre-famille/derive-sectaire-dangereuse
http://www.antisectes.net/phosphore.htm
http://www.miviludes.gouv.fr/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Secte
http://www.dinosoria.com/secte.htm
http://www.prevensectes.com/home.htm
http://www.miviludes.gouv.fr